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| Voici une brève évocation
de mon parcours et de ma démarche artistique, nécessaire grille
de lecture aux tableaux et créations numériques présentés
dans ce site. |
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| Après avoir
acquis une formation d’historienne de l’art à l’Ecole
du Louvre et à l’Institut d’art et d’archéologie
de Paris, j’ai travaillé dans la communication culturelle durant
plusieurs années avant de me consacrer pleinement à la peinture
en 1997. |
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Tant
ma formation que mes travaux antérieurs m’ont permis
d’entamer d’emblée un travail mature, développé
autour de ma passion pour la couleur. Celle-ci est en effet un élément
essentiel de mon travail, à la fois matière brute et
mode d’expression de ma recherche. L’abstraction est pour moi un champ de réflexion sur la représentation d’un monde intérieur. Sa transcription formelle, sur toile ou à travers le média numérique, est toujours reliée dans mes œuvres à des critères rigoureux de maîtrise de l’équilibre et de dynamique des formes. L’importance structurelle des compositions, l’expression du mouvement et l’attention portée aux variations chromatiques est le fil rouge qui traverse mon univers artistique. |
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En 2002, je me suis initiée à l’art numérique,
élaborant un concept de « tableau digital »,
dont le matériau de base
est extrait de détails photographiques de mes peintures. Mon travail évolue
aujourd’hui dans un univers où la création artistique
croise la réalité à travers les sujets photographiés
: végétaux, fleurs, paysages ou portraits... La dynamique ainsi créée par la confrontation du réel - « le regard témoin » de la photo – face à mon imaginaire – me permet d’offrir au regard une œuvre personnelle tout autant qu’un témoignage du thème qui m’inspire. Ce sont ces correspondances entre la réalité « objective » de la photo et le pouvoir d’interprétation de l’artiste par rapport à cette représentation qui nourrissent aujourd’hui ma création. |
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| autour de mon travail | ||||||
Le
travail de peintre et celui de création numérique de Marie
Péjouan s’inscrivent dans la même lignée. Dès
le premier abord toutes ses œuvres frappent par une recherche esthétique
exigeante, un sens aigu de la composition, une harmonie des couleurs rare,
un univers onirique chargé d’un puissant pouvoir d’évocation. |
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La
richesse de l’œuvre tient à ce pouvoir qui à chaque
nouvelle rencontre nous conduit à découvrir un nouvel espace
en nous inconnu. Cette « magie » de la rencontre avec l’œuvre
tient peut être à l’extrême minutie du travail
de l’artiste et à son sens de la précision qui rappelle
celui des italiens du quattrocento ou des primitifs flamands. Toute partie
de l’œuvre mérite d’être détaillée
agrandie et dégage ce même pouvoir d’évocation.
Lorsque Marie Péjouan travaille sur un thème, elle le fait
redécouvrir à ceux qui pensaient parfaitement le connaître,
voire le maîtriser. |
Ainsi
l’immense succès de son travail sur le carnaval de Rio auprès
des Cariocas s’explique notamment par la redécouverte de la
magie de ce monde vu à travers son regard d’artiste. C’est
pourquoi le travail de Marie Péjouan, dans la grande tradition artistique,
s’accommode au mieux du thème imposé. Aussi à
l’aise lorsqu’il s’agit de travailler sur un thème
familial, un thème floral ou même une marque commerciale, à
chaque fois son regard et les œuvres qui en découlent invitent
à la redécouverte en produisant un profond plaisir esthétique. |
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| Propos de l’artiste pour les curieux | ||||||
| Du passage de la peinture A LA CRéATION NUMéRIQUE | ||||||
« Certes, la
musique et la couleur n’ont rien de commun, mais elles suivent des
voies parallèles. Sept notes, avec de légères modifications,
suffisent à écrire n’importe quelle partition. Pourquoi
n’en serait-il pas de même dans la plastique ? » Henri Matisse |
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| Ce passage est une
évolution et non une rupture. C’est le fruit d’une ouverture
sur la liberté des processus créatifs qu’offrent aux
artistes les possibilités de la création numérique. La technologie est au service de la création et pas l’inverse. J’ai gardé mes procédés de peintre en reconstituant des palettes virtuelles, et c’est le stylet numérique qui remplace mon pinceau... Evolution également dans le processus créatif. Si mes peintures sont abstraites, - je pars d’une toile blanche , la peinture étant le vecteur de transcription d’une réalité intérieure -, mon travail de création numérique trouve sa source dans mes photographies. Elles sont l’œil subjectif posé sur la réalité – dont le sujet, la matière, le mouvement,… – seront autant d’éléments avec lesquels je vais créer, à la manière du peintre qui utilise les couleurs de sa palette et crée ses compositions . |
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De la recherche dans mon œuvre |
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« Après
que l’art se soit pris pour sujet toujours plus exclusif de l’art,
il est temps de retourner l’autoréférence, pour que
l’art se prouve par l’œuvre, et non l’œuvre
par une proposition sur ce que peut-être l’art ». Jean-Philippe Domecq |
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| Un certain conformisme des institutions
culturelles établit aujourd’hui dans la création artistique
la prééminence du concept. Le statut d’œuvre d’art
lui-même est sans cesse remis en question depuis la radicalisation
de l’urinoir de Duchamp exposé en 1917 à New-York, qui
fait du plus trivial objet industriel une œuvre d’art. L’œuvre est le plus souvent induite par le regard que pose l’artiste sur la société. Elle est le fruit d’une réflexion ou d’une théorie qui repose sur un discours particulier. C’est ce discours qui est la clé de l’œuvre, et, sans approche discursive, celle-ci reste hermétique au regard de qui la contemple. D’où le halo d’ésotérisme devant des créations qui mettent au premier rang le statut de l’art plutôt que l’art lui-même. Par rapport à cette mouvance, mon ambition est d’un ordre différent. Je tiens beaucoup plus à montrer qu’ à démontrer et à laisser s’exprimer le champ de l’émotion, trait-d’union intemporel qui nous permet d’appréhender avec un même regard le Printemps de Botticelli ou un monochrome de Rothko. Je m’appuie sur l’art plastique, son pouvoir et son langage, pour apporter mon témoignage et l’interprétation singulière du monde dans lequel je vis. La photo et la création numérique me permettent de jouer avec la réalité, franchir les frontières entre elle et son double imaginaire, en un mot, de créer. |
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